Douze textes. Cinq siècles. Une même obsession : l’amour et la mort. Car entre le XIIe et le XVe siècle, quelque chose d’extraordinaire se produit en France – quelque chose qui changera à jamais notre manière d’aimer, de souffrir, de mourir.
Le Moyen Âge français invente une équation qui nous gouverne encore : amor = mors. Aimer, c’est mourir. Ou du moins accepter de mourir. Cette idée folle, née dans les cours aristocratiques de France et d’Angleterre, va se répandre dans toute l’Europe et façonner pour des siècles notre conception de l’amour. Tristan et Yseult, Lancelot et Guenièvre, la Châtelaine de Vergy et son chevalier – tous meurent d’amour. Pas métaphoriquement. Réellement. Leur cœur cesse de battre – littéralement – parce que leur amour est impossible. Et cet amour impossible devient le seul amour véritable.
Nous sommes les héritiers de cette révolution sentimentale. Quand un adolescent de 2025 écoute Amour plastique sur Spotify, quand il regarde Culpa mia sur Netflix, quand il pleure devant Love Actually – il ne sait pas qu’il vit encore le mythe de Tristan. Que son cœur bat au rythme inventé il y a mille ans par des poètes français. L’amour-passion qui nous semble si naturel, si évident, est en réalité une construction culturelle dont ces certains textes choisis ici sont les pierres fondatrices.
L’importance de ces œuvres pour notre civilisation est difficile à surestimer. Elles ont construit notre ADN social et sentimental. Elles ont codifié les règles du jeu amoureux que nous suivons encore sans le savoir. Elles ont inventé l’idée même que l’amour véritable doit être difficile, interdit, impossible – et que précisément cette impossibilité le rend authentique. Sans Tristan et Yseult, pas de Roméo et Juliette. Sans l’amour courtois, pas de romantisme. Sans Marie de France, pas de Paul Éluard.
En vis à vis, il y a l’autre tradition française qui coexiste à la première. Gauloise, paillarde, grossière et vulgaire. Erotique et violente. Celle des Fabliaux et du poète-voyou, philosophie-bandit, le grand François Villon. Celle que Rabelais (qui a raté son coup d’après Céline), puis La Fontaine avec ses contes, Alexis Piron et tant d’autres ont essayé de perpétuer à travers les siècles. Mais, à cela, aucune contradiction. Le destin de l’homme n’est-il pas de s’élèver de la fange vers l’éther, de transformer la boue en or, le corps en âme… ?
Nous avons transformé Chrétien de Troyes en objet d’étude, Villon en exercice de mémorisation. Mais quand on lit vraiment ces textes – je veux dire quand on les laisse nous traverser – ils retrouvent leur puissance première. Celle qui faisait pleurer les dames sur le sort de Lancelot, rire les bourgeois aux fabliaux, frissonner les fidèles devant Le Jeu d’Adam.
Ces douze livres ne sont pas des monuments à contempler de loin. Ce sont des vivants qui attendent qu’on les réveille. Ce sont les textes qui ont inventé notre manière d’aimer – et donc notre manière d’être humains. À nous de leur redonner souffle.
La communauté OFALycée, animée par sa curiosité et sa passion pour la lecture, se retrouve chaque mois au Book Club OFA. Nathalie Guérin, parent d'élève et Présidente du Club, partage ci-dessous les échanges passionnants autour du livre du mois, « Ton dernier regard : Et si le jour de ta mort devenait le plus beau jour de ta vie » d’Oumeyma Amjid. »
Comme tous les mois, mes yeux pétillants d’impatience surveillent l’évolution des votes pour notre prochaine sélection. Constatant que « Ton dernier regard : Et si le jour de ta mort devenait le plus beau jour de ta vie» d’Oumeyma Amjid était arrivé en tête, j’ai pris un peu de temps à tourner les pages. Même toujours bien calée dans mon fauteuil, un petit chat incrusté sur mon coussin de lecture et un fidèle Earl Grey n’attendant que moi, je n’aborderai jamais un livre sur le deuil dans le même état d’esprit que pour tout autre.
Clairement, une lumière ardente irradie de ce texte personnel. Le thème de la transmission en fond, on y est les témoins de beaucoup de courage et de bienveillance (aussi envers soi-même). Il s’y trace un chemin de vie profondément renforcé par le pouvoir de la prière et de la gratitude ; un chemin de vie pétri d’un grand espoir.
Le 4 décembre dernier, nous avons échangé sur des sujets liés à ce mémoire, et qui nous tenaient à cœur. Comme à chaque fois, notre discussion fut constellée de précieuses recommandations de lecture.
- Nathalie Guérin – Parent d’élève à OFALycée -
Extraits :
« Quand tu ouvres les yeux sur la mort, tu ouvres en réalité les yeux sur la vie. Quand tu acceptes l’idée de mourir, à ce moment-là, ta vie prend tout son sens »
« Je me sens pleine d’énergie, de détermination. Je suis déconnectée des émotions des autres. Je sens un décalage entre moi et les autres femmes… Comme si elles pensaient que je suis insensible face à la mort de ma mère, mais non. Ce que certains ne comprennent pas, c’est que je suis heureuse pour elle. »
Réussir son orientation à l’international :
au-delà du dossier scolaire
L’orientation a longtemps été pensée comme une simple équation : les meilleures notes ouvrent de meilleures portes. Cette logique reste vraie dans certains systèmes, mais elle est souvent insuffisante, notamment lorsque l’on parle des universités américaines.
Au-delà d’un dossier académique solide, les universités vont chercher à comprendre qui est l’élève, son parcours et sa dynamique. C’est ce que l’on appelle une approche holistique de l’admission. Les notes et le choix des matières durant le lycée comptent, bien sûr, elles restent souvent le prérequis, mais elles ne disent pas tout !
Les universités cherchent aussi à recruter des élèves qui vont apporter quelque chose à leur campus. Des étudiants capables de s’investir, de prendre des initiatives, de contribuer à la vie académique, associative ou citoyenne. Derrière chaque admission, il y a une projection : comment cet élève va-t-il participer à la communauté universitaire, et quelle image renverra-t-il de l’institution, pendant ses études et bien au-delà via le réseau des alumni.
Ce qui intéresse réellement les admissions officers, c’est le sens que l’élève donne à son cheminement. Comment a-t-il fait ses choix dans un environnement donné ? Qu’a-t-il exploré en dehors de la salle de classe ? Comment a-t-il transformé ses intérêts en engagements concrets et structurants ? Autrement dit, qui est-il devenu à travers ce qu’il a vécu.
Deux élèves aux résultats comparables peuvent ainsi être perçus très différemment. L’un présente un parcours lisible, cohérent, incarné. L’autre juxtapose des réussites sans fil conducteur. Attention cependant à ne pas non plus tomber dans le travers inverse en compilant les activités et clubs simplement pour 'le dossier' ! Dans un système sélectif, il va falloir que l’élève apprenne à se raconter et c'est cette différence qui va souvent être décisive.
L’orientation à l’international ne se résume donc pas à simplement optimiser les résultats scolaires. Elle consiste à accompagner un élève dans la construction progressive d’un profil et d’un projet qui a du sens et qui indique déjà le rôle qu’il pourra jouer dans le monde par la suite.
Alban Ferrieu
Cofondateur d’Anywhere Uni, partenaire d’OFALycée pour l’accompagnement à l’orientation et aux admissions universitaires internationales https://anywhereuni.com
ÉVOLUTION DU NOMBRE DE BACHELIERS
(PART D’UNE GÉNÉRATION = pourcentage de jeunes d’une même année de naissance qui obtiennent le bac)
1950 ███░░░░░░░░░░░░░░░░░░ 10 %
1970 █████░░░░░░░░░░░░░░░░ 20 %
1990 ███████████░░░░░░░░░░ 43 %
2010 █████████████████░░░░ 66 %
2025 █████████████████████ 79 %
Si près de 80 % d’une génération obtient aujourd’hui le bac, la réussite dans le supérieur ne progresse pas au même rythme. Beaucoup d’élèves arrivent à l’université sans les compétences réellement attendues. C’est précisément là qu’OFALYCÉE fait la différence : nous préparons les élèves non seulement à avoir le diplôme, mais à réussir après le diplôme en développant autonomie, méthode, analyse, bilinguisme et usage intelligent de l’IA.
C’est exactement cette réalité que nous avons abordée sans détour lors de notre OFA Live #108 la semaine dernière, consacré au décalage entre la réussite au lycée et les attentes réelles de l’université. Pourquoi des élèves brillants peuvent-ils se retrouver en difficulté dès la première année ? Quelles compétences font aujourd’hui la différence pour réussir dans le supérieur, en France comme aux États-Unis ?
Dans ce Live, Géraldine et Olivier approfondissent ce sujet et expliquent pourquoi ce fossé existe — et comment le combler.